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J’ai France-Soir, que j’achète dès le Matin, pour avoir les nouvelles du jour ;

Le Monde d’aujourd’hui, c’est à dire celui qu’est sorti hier ;

Questions de Femmes, Questions-Réponses et Réponse-à-Tout !

L’Express, pour faire le Point, s’il me reste une Minute ;

... et puis Jeune et Jeanine !

Dominique Falcoz s’est fait la silhouette de la Reine d’Angleterre, avec du Margaret Thatcher en prime. Appétissante, emperlousée, dans une tenue rutilante avec accessoires idem, elle place le public, étudie les tickets qu’elle a collectés, soit les exo, invitations, tarifs réduits et l’unique plein tarif, en tire des conclusions qu’on imagine, débite un petit speech d’où il ressort que par suite d’une grève où se profilent des intermittents etc... elle va faire le spectacle elle-même, toute seule. Son monologue jovial est truffé de jeux de mots et de jongleries verbales qui ont fait évoquer Raymond Devos à son propos. Vous êtes à la remorque d’un joli calembour à peine digéré et elle enchaîne ou se fige, et vous vrille de son regard mi-scrutateur mi-ébahi. Les sketches suivants la transforment en artiste de cabaret années cinquante, en redoutable ménagère commentant les journaux, en chanteuse plus loufoque que réaliste. Attention à l’épisode dans le noir ; plus surréaliste, tu aurais le tournis. L’autorité naturelle et la présence scénique de la fantaisiste vous scotchent sur votre siège, elle réussit à imposer un épisode silencieux, où on entend le public sourire en imaginant la façon dont elle va le raccrocher avec l’énergie et le panache qu’elle déploie à tout va. Elle le fait chanter, il est ravi et aimerait la suivre dans la rue pour continuer à s’esbaudir avec cette commère marrante doublée d’une vraie humoriste .

Marie Ordinis - 22 février 2005